06.08.2008
Paso doble – Souvenir d’un 14 juillet

Mes hanche tanguent, tanguent. Comme les cordes de la guitare, mon corps s’arque et veut vibrer sous les doigts de celui qui guide. Mais se rebelle aussi.
Je frappe du talon, je tourne, je virevolte. Je présente mes reins pour mieux m’échapper de l’étreinte.
Envahie par le trouble.
Je me serre puis à nouveau, un coup de talon me propulse loin. Une main me retient ; tel un élastique mon bas se tend puis revient. Me ramenant vers ce corps ferme dont les déhanché me fait perdre la tête à présent.
Je subis la houle.
Une cuisse force entre mes cuisses, une main remonte dans le creux de l’aisselle en sueur pour me soutenir car le vertige me guette. Ca tourne et c’est bon. Alors je peux m’abandonner au rythme, au va et vient de sa cadence.
Sous la chaleur rauque de son souffle.
Lui cherche mon regard en pressant mes reins contre son bas-ventre. Son souffle chaud sur mon épaule humide. Frissons en vagues incontrôlées. Je me sens au bord du gouffre. Je refuse de perdre pied, d’un mouvement brusque du bassin je me redresse.
Autour de son corps, ma jambe s’enroule.
Plus tard, reprenant le tempo espagnol, il attrape ma cheville et la maintient. Ainsi écartelée, je suis conquise. Ou est-ce lui qui est emprisonné ? Nul ne pourrait le dire.
Mais c’est certain, dans ce petit bal populaire de campagne, le rythme espagnol d’un autre temps a, l’espace d’un moment affolé, deux danseurs d’abord amusés puis exaltés.
http://www.youtube.com/watch?v=d5WFUStHKXY
B
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